Les origines de la Paroisse Saint-Benoit  Description, par le Père Jean-Guy Girardet, historien-géographe, au cours d’une session de la FLORE (Formations locales pour une responsabilité ecclésiale), en partant  du thème de l’originalité

Originalité par le relief Ce quartier est une zone plane ou relativement plane, au sortir de la montagne. Le nom de la « rue de Champagne », connu dès le 14ème siècle, rappelle que ce coin a des possibilités de culture (champagne = campagne cultivée), par opposition aux pentes du Pilat. Ce quartier est traversé par trois torrents. Leur force motrice est précieuse. Jusqu’à la construction des barrages, leurs inondations très fréquentes sont redoutables et redoutées. Ce quartier est le premier atteint par les inondations mais tout Saint-Étienne est touché (comme par exemple en 1849). Cette zone au pied de la montagne est bien pourvue de routes : – itinéraire Chavanelle – La Mulatière – Rochetaillée, pour gagner la montagne. – Itinéraire médiéval Lyon – Toulouse, identique à celui de l’autoroute. La route de la République qui mène au col n’a été percée qu’au début du 19ème siècle, tout comme l’axe de la « Grand’Rue » alors appelée route d’Annonay. Les collines de la Cotonne sont isolées. Ce quartier est situé hors du bassin houiller, sauf pour le quartier de Villeboeuf (Puits Villeboeuf) dont les nuisances atteindront la place Saint-Roch.
Originalité humaine Au Moyen-Age, la paroisse Saint-Étienne de Furan est immense : 10.000 hectares qui s’étendent entre Villars, Saint-Priest, La Tour en Jarez et Planfoy. Valbenoite est le seul endroit pourvu d’une abbaye sur cette grande paroisse. C’est une abbaye cistercienne, petite, tardive car l’église est construite à partir de 1222. Mais elle donne à cet endroit un physionomie propre. Cette église n’est pas une paroisse. En revanche, le petit quartier qui s’étend autour est fortifié au 14ème siècle, comme le fut le Saint-Étienne primitif. A la Révolution, il ne reste que 4 moines dans cette abbaye. Les bâtiments de l’abbaye seront d’abord réutilisés en usine, puis en collèges des Pères, puis de Frères Maristes. C’est LE lieu Mariste. Le quartier de Valbenoite forme une « Recette Fiscale » sous l’Ancien Régime, et sera une « Commune » jusqu’en 1855, signe d’une personnalité. A partir du quartier Chavanelle, qui possède le siège de la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne, se développe le quartier « armurier » (Saint-Roch – Valbenoite) qui deviendra par la suite quartier de passementier, avant l’industrialisation de la fin du 19ème siècle : le quartier abritera alors des industries de la teinture, de la métallurgie, du traitement des métaux, de la transformation du chocolat …) En 1860, ce quartier a 8.000 habitants.
Originalité ecclésiale Après le Concordat, 3 paroisses sont érigées : La Grande Eglise, Notre-Dame, Saint-Ennemond. En 1808, érection des paroisses de Valbenoite et de Sainte Marie. Valbenoite est dans le « peloton de tête », avant Saint-Charles, Montaud ou Saint-Louis. En revanche, le quartier de Saint-Roch est paroisse en 1856. Il y a une chapelle pour les pestiférés dès le 16ème siècle. On y vient en pèlerinage le 16 Août et c’est un lieu de vogue, d’amusement pour la ville. Le quartier de La Rivière se peuple, on songe à en faire une paroisse dès 1859, mais elle ne sera crée qu’en 1869, à cause de l’opposition farouche du Conseil Municipal anticlérical ….. et de Valbenoite qui voit là une diminution de sa zone. L’église de La Rivière sera ouverte au culte en 1862. On y retrouve l’importance de l’initiative privée qui a joué un grand rôle dans l’érection de cette paroisse. A partir du 19ème siècle Des éléments important sont venus structurer la paroisse actuelle : – la prolongation de la Grand’Rue – la construction de la caserne Rullière (1845-1855) – la construction de la prison départementale (mêmes dates) – la construction de l’Hôpital Bellevue en remplacement de l’Hôtel Dieu vers 1900 (il y aura beaucoup de polémiques avant le choix définitif du nouvel hôpital). Au 20ème siècle Caserne et prison disparaissent entre 1960 et 1970. On reconstruit sur l’emplacement de la caserne l’Université. On bâtit à la place de la prison de grands ensembles et un grand centre commercial, que l’on appellera Centre 2. Une nouvelle implantation ecclésiale est réalisée : Le centre Saint-Augustin. On réaménage le tram.