La fraternité, t97.1roisième pilier de la devise républicaine, après une longue éclipse, retrouve aujourd’hui une certaine force ; la fraternité est la clé du vivre ensemble et c’est la famille qui l’introduit dans le monde avait déclaré le Pape François. On peut la considérer comme l’expression politique de la question essentielle « qu’as-tu fait de ton frère ? » (Gn 4,91).
Si elle s’affiche sur nos bâtiments publics, Fraternité est aussi le nom propre de l’Eglise pour les chrétiens des premiers siècles ; Eklesia (assemblée) viendra plus tard. Elle désigne alors une communauté de personnes se reconnaissant adoptées comme frères par le Christ qui les introduit dans la communion en Dieu. Effectivement Jésus ressuscité s’adressera à Marie-Madeleine en ces termes : « Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père » (Jn 20,17).
Ce n’est pas d’abord la foi en un Dieu créateur qui rend frères, mais la proximité du Christ. On peut parler d’Eglise-Fraternité, ce qui implique que les chrétiens vivent eux-mêmes de cette fraternité pour l’annoncer à tous ceux qui cherchent un sens à leur vie : c’est l’idée des fraternités locales missionnaires proposées dans les nouvelles orientations diocésaines. La foi chrétienne introduit une révolution profonde dans les rapports humains : la Fraternité fait partie de l’essentiel de l’Evangile. La Fraternité n’est pas une option, c’est une nécessité (Diaconia 2013).
André Zgainski

FRATERNITÉ