DIMANCHE 9 FEVRIER 2020 – DIMANCHE DE LA SANTE

 

         dimanche de la santé

Aujourd’hui, le dimanche de la Santé est fêté dans tous les diocèses de France. Notre prière se fait plus intense pour les malades, les personnes qui souffrent d’un handicap, les personnes arrivées au grand âge, mais aussi pour les familles qui vivent parfois des situations difficiles et encore pour le personnel soignant et les bénévoles qui accompagnent avec compétence et abnégation, ces plus petits de nos frères. Nous vivons bien aujourd’hui le dimanche de la santé et non pas la journée des malades qui aura lieu le 11 février en la fête de Notre Dame de Lourdes.
Le thème choisi cette année est « Ma vie sera Lumière ». Quelque soit notre place dans le monde de la santé, et nous y avons tous une place, cette affirmation doit nous faire réfléchir, en particulier dans les méthodes à mettre en œuvre pour que notre vie soit Lumière. La souffrance, qu’elle soit physique ou morale, la peine des familles devant un parent souffrant, les difficultés d’un personnel soignant parfois démuni dans sa volonté d’améliorer la condition de ses patients, les appréhensions de bénévoles courageux qui peinent à apporter un signe d’espérance à leurs frères malades, sont autant d’éléments qui rendent difficile la transmission d’un message de confiance.
Mais ne désespérons pas ! Le Seigneur nous le dit avec beaucoup de clarté : « Vous êtes la Lumière du monde » Et Il nous dit cela juste après nous avoir donné, dans les versets qui précèdent l’évangile de ce jour, les Béatitudes qui nous invitent à être bienheureux dès à présent sur terre, tout en sachant que ce bonheur annoncé n’exclut pas nécessairement la souffrance et la privation. Nous sommes invités, cependant, à transmettre ce bonheur à tous nos frères dès à présent.
Isaïe nous le demande dans la première lecture que nous avons entendue : « ne te dérobes pas à ton frère » Ne pas se dérober, c’est être présent à la personne qui attend notre aide, notre visite, notre parole, à la personne qui connaît le malheur, la peine ou la souffrance et qui a besoin de réconfort, que ce soit une personne âgée, un père et une mère de famille confrontés à la maladie ou à l’épreuve d’un enfant malade.
Dans l’évangile, Jésus ne nous donne pas une espérance lointaine, mais il fait une affirmation en disant « Vous êtes la Lumière du monde », aujourd’hui, maintenant. Nous devons donc nous poser cette question : comment allons-nous rayonner de cette Lumière auprès de tous nos frères ; en tant que baptisés, nous n’avons pas le droit de la mettre sous le boisseau, nous devons la diffuser.
Par notre baptême, nous cheminons sur le chemin de la sainteté, avec toutes les difficultés que chacun de nous connaît ! Et prendre soin du plus petit de nos frères, voilà un véritable chemin de sainteté. Le Pape François nous le rappelle dans l’exhortation apostolique « Gaudete et Exsultate » (n°51) : « Pour que nous soyons parfaits comme [Jésus] le désire, nous devons vivre humblement en sa présence, enveloppés de sa gloire ; il nous faut marcher en union avec Lui en reconnaissant son amour constant dans nos vies. Il ne faut plus avoir peur de cette présence qui ne peut que nous faire du bien. »
L’action que chacun de nous doit mener, avec ses possibilités et ses charismes, reste simple et se retrouve dans tous nos gestes quotidiens, en nous appuyant fortement sur la prière et l’Eucharistie. Ce n’est que comme cela que nous parviendrons à accompagner ceux qui souffrent, les malades, mais aussi les familles et le personnel soignant.
L’attention que nous portons aux plus démunis de nos frères n’a de sens que si elle s’appuie sur la force de Celui qui nous donne la Vie en abondance. Ce que nous avons à transmettre avant tout, c’est l’Amour infini de Dieu qui est pour tout homme et qui nous permet de faire chaque jour un pas de plus vers l’autre, vers tout autre…
Les nombreux témoignages que nous recevons nous permettent de dire que ces rencontres avec les différents acteurs de la santé, le médecin comme l’infirmière, le malade comme sa famille, les aumôniers comme les bénévoles, sont source de beaucoup de joie et de paix. Dans une société où le principe « gagnant – gagnant » est toujours mis en avant, où l’on ne connaît plus la valeur du geste gratuit, nous allons à contre courant en faisant la promotion de l’amour entre frères et sœurs que nous sommes dans le Seigneur.
Je vous invite donc, chers frères et sœurs, à prendre dès maintenant la décision d’aller vers ceux qui attendent une visite, une présence ou encore une prière, avec vous et pas enfermés dans leur solitude, que ce soit dans un établissement de soins, un EHPAD ou même à leur domicile. Ainsi vous pourrez répondre pleinement de votre vocation de baptisés et vous serez comblés en échange. N’ayez pas peur de ces malades, connus ou inconnus qui attendent le geste qui pourra les aider à supporter leurs nombreuses difficultés. Et n’oublions jamais, qu’un jour, ce malade, cette personne isolée, ce pourrait être nous.
N’ayez aucune crainte : vous serez accompagnés et rien ne vous sera demandé que vous ne puissiez accomplir. N’hésitez pas à prendre contact avec la permanence de votre paroisse qui vous aiguillera vers des personnes responsables de l’antenne paroissiale de la Pastorale de la Santé pour mieux connaître le beau service que vous pourriez rendre à votre tour.
Et ne craigniez rien ! Isaïe nous le dit : « le Seigneur t’accompagnera » et Paul vous invite à vaincre vos craintes : « Et c’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant, que je me suis présenté à vous » En fait, je vous invite, comme le dit si bien Marie-Noëlle THABUT, à « Laisser le champ libre à l’action de Dieu » et à vous abandonner dans la confiance.
Le Pape François, dans son message pour la journée des malades souligne : « L’Église veut être toujours davantage et toujours mieux l’“ auberge ” du bon Samaritain qu’est le Christ (cf. Lc 10, 34), à savoir la maison où vous pouvez trouver sa grâce, qui s’exprime par la familiarité, l’accueil, le soulagement. »
Dimanche dernier, nous fêtions le Christ, Lumière des nations ! Aujourd’hui répondons à son appel, pour que chacun d’entre nous puisse, à son tour dire en vérité : « Ma vie est Lumière »

Amen
Bernard MALCURAT,Diacre permanent

Homélie / dimanche de la santé / 9 février 2020