lepetit prince

lecture lors du concert spirituel pour le temps de l’Avent en l’église St-Louis ce samedi 5 décembre

«  Si tu viens n’importe quand, dit le renard au Petit Prince, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le cœur… »

Le renard de Saint-Exupéry attendait la visite du Petit Prince et voulait donc s’y préparer, attendre, espérer.
Dans le même sens, un proverbe africain dit : « le meilleur jour de la fête, c’est la veille ». Or nous sommes entrés dans le temps de l’Avent, le temps de l’attente pour l’Eglise. Et le mot qui revient plusieurs fois au début de l’Avent, c’est le mot « Veiller ».
Mais celui qui veille, celui qui est de garde, il est debout ; celui qui attend les invités s’agite ; celui qui prépare un examen révise ; celui qui s’apprête à partir en voyage prépare l’itinéraire et son bagage. Attendre, cela n’a donc rien à voir avec le repos.
Pourtant certains attendent passivement ce jour de Noël. C’est si beau, chaque année de jouer les enfants naïfs, de rêver, de faire semblant de croire que Dieu naît comme ça, dans la chaleur, la tranquillité, l’insouciance, dans l’euphorie d’une douce nuit un peu irréaliste.
D’autres attendent passivement que Dieu règle les problèmes de l’humanité, car, croient-ils, c’est à lui, Dieu, d’agir.
Attendre, oui, c’est une attitude dynamique ; l’attitude du guetteur qui hurle à pleine bouche : « ne dormez pas ! ».
Attendre en ce temps de l’Avent, c’est donc l’attitude de celui qui n’hésite pas à se jeter dans la mêlée pour hâter la venue d’un monde plus juste. Attendre c’est se dépêcher vers celui qui est en difficulté, c’est prendre le temps d’écouter celui qui en a trop gros sur le cœur, c’est accepter de donner au moins un peu de son superflu pour celui qui n’a même pas le minimum nécessaire.
Attendre, c’est risquer une parole engagée, une parole de témoin, une parole de juste et refuser la parole qui condamne globalement tout un groupe, sans distinction.
Attendre, c’est préparer ; c’est donc briser sans répit tout ce qui emprisonne l’être humain. C’est ainsi qu’il nous faut attendre Noël, dans une attente active.
Alors d’ici Noël, avec le Petit Prince, « Habillez-vous le cœur ».

D’après un texte du Père Pierre Tézenas,
curé de la paroisse Saint Thomas à Clermont.

L’Avent et le Petit Prince